16.12.2010

Oppenheimer, un candidat juratomique

Chez les Faure, on n’est pas chez les Pélissard : le népotisme, très peu pour nous ! Déjà qu’il a fallu que je supporte toute ma vie ce cher Maurice, maire radical-socialiste de Cahors, avec lequel je n’avais aucun lien de parenté et avec lequel on me confondait trop souvent… Heureusement, aujourd’hui, ma descendance a le sang sans le nom. On le croirait sorti d’une ogive nucléaire américaine et pourtant il est bien mon petit-fils : Rodolphe Oppenheimer.

Il se dit avec insistance, si j’en crois la presse (mais faut-il la croire), que mon p'tit-fillot partirait donc à la conquête du fief familial, notre « Heimat », ma thébaïde, le pays de ma douce commune de Port-Lesney, j’ai nommé le canton de Villers-Farlay, tombé depuis trop longtemps dans les bras de l’usurpateur umpiste de Cramans.

Je ne peux qu’encourager Rodolphe. S’il a le nom de l’inventeur de la bombe atomique, il a le prénom du romantique fils de François-Joseph et de Sissi, mort trop jeune à Mayerling en 1889, Rodolphe d’Autriche, qui fut, contre les siens, à la fois libéral et anticlérical. Cet Autrichien a finalement eu la chance de ne pas voir dépecé son empire et ternie l’image de son pays. De Rodolphe à Jorg Haider, que de chemin…mais une même mort tragique.

Cependant, pour battre le viticulteur-député, il lui faudra convaincre les braves citoyens du Val d’Amour. Il ne faudra pas servir les petits fours entre Roland Dumas, Elisabeth Guigou, Yves Jégo ou Olivier Dassault, les happy-few has been qui peuplent chaque année le jury du prix qui porte mon nom. Du côté de Mouchard, on n’aime ni la gauche caviar et ni la droite saumon.

Quand est-ce que tu débarques dans le Jura, Rodolphe ? Je crains pour toi que le seul fait de mettre en gras et très grand sur les affiches « Petit-fils d’Edgar Faure » ne suffise à te permettre de gagner. Ce genre de victoire à 100 contre 1, il faut aller la chercher voix après voix ! Tu verras, cela va te changer de Clichy et de tes responsabilités municipales d’adjoint chargé de la médiation. Ici, il n’y a pas de médiateur, les gens veulent voir leur élu de visu, directement, pour savoir ce qu’il a dans le ventre. Il y a de la patte humaine, du vécu collectif et du lien « tripal ».

Pour ce faire, tu as choisi la bonne étiquette, le parti radical de gauche est un miracle dans le Jura. C’est le seul parti à avoir plus de candidats aux cantonales que d’adhérents ! Pour un peu, je viendrais de donner un coup de main…si seulement je pouvais.

07.10.2010

Le maire de Dole est-il à la hauteur ?

Le microcosme politique jurassien l’a vu débarquer tel le petit Chose de Daudet. Il est apparu sur scène en 2007 comme directeur de la campagne législative de Patrick Viverge à Dole. Tel un pion qui ne saurait pas tenir son étude, on se demandait qui était ce petit personnage qui organisait la campagne de l’élu dolois. Il avait une image toute alsacienne de rigueur, de discrétion et d’efficacité. Avec de telles qualités, on comprend bien pourquoi il fut très proche de l’UMP à Dijon lorsqu’il dirigeait l’auditorium avant d’en être viré par le nouvel édile socialiste Rebsamen.

Cette image un peu terne a été son principal atout pour ravir la mairie de Dole. « Il ne gagnera jamais », disait-on dans cette gauche jurassienne qui se donne tous les moyens pour ne jamais gagner. On se disait la même chose à droite où l’on ne prit pas la peine de rendre public le parcours du bonhomme. Cette victoire, il la doit surtout à Patrick Viverge qui l’a propulsé à la direction de la section socialiste puis l’a imposé comme tête de liste malgré les états d’âme des Verts.

Depuis deux ans, son frêle esquif est devenu un radeau de la Méduse. Enchaînant une à une les bourdes, le costume de maire de la plus grande ville du département est décidément beaucoup trop grand pour lui : gymnase du collège de l’Arc, conflit au service des sports, amateurisme dans la politique culturelle (pourtant sa spécialité !), menace de grève du personnel communal, division à l’intérieur de sa majorité municipale…les difficultés s’accumulent pour Jean-Claude !

Manque de crédibilité ? Manque surtout d’autorité. Coincé entre sa première adjointe vice-présidente du Conseil régional, Sylvie Laroche, et le président du Grand Dole, Claude Chalon, le maire Wambst ne s’est pas fait sa place. Attaqué par son opposition en Conseil municipal, il monte rarement au front pour défendre sa politique, ce sont les deux autres qui répondent aux piques de Barbier. Même son directeur de cabinet, parti depuis en retraite, le jugeait « nul ». C’est dire si le malaise est profond…

Dans ses conditions, on se demande donc bien pourquoi il s’est embarqué dans la galère du PS jurassien. Avec son titre de président de l’UDESR, obtenu dans les circonstances dont on a déjà parlé, que vient-il donc faire dans cette direction collégiale ? Il aurait pu être le pacificateur, l’homme qui apaise les conflits persistants entre hiérarques socialistes, il l’a refusé avant de raccrocher les wagons pour être la quatrième roue du carrosse. Etrange stratégie ? Il faut dire qu’au PS non plus, son autorité ne semble pas énorme. Bien qu’ayant gagné Dole, il s’est complètement laissé phagocyter par l’éternel perdant à Lons, sa Fatuité 1er Christophe Perny. On m’a raconté cette scène invraisemblable où, pour régler un différend politique avec sa première adjointe, il fit appel à Christophe Perny à sa droite et Lucien Paullin à sa gauche, tous deux toujours excellents dans le rôle de la petite frappe de service, afin de mettre au pas la pauvre Sylvie Laroche…

Le regard fixé sur le palais du Luxembourg, ce pauvre Jean-Claude ne voit même pas que son camarade Perny est en train de lui ravir le titre d’homme fort de la gauche départementale. Imaginons, en cauchemar, que le conseiller général de Lons-le-Saunier-sud prenne la présidence du Conseil Général en mars prochain, Wambst ne serait même plus le mieux placé pour prendre une place de sénateur du Jura ! Sa trahison de Viverge ne l’aura avancé à rien. Il pourra toujours compter sur le soutien d’autres fraternités, d’autres avant lui ont essayé sans réussir, le poste de sénateur lui échappera et sa position à la mairie sera encore plus fragilisée. Un Sermier ambitieux et un Viverge revanchard pourraient même lui faire mordre la poussière en 2014…La vanité n’est décidément pas la meilleure conseillère en politique.

05.10.2010

La gérontocratie jurassienne allume le feu

Depuis les élections cantonales de mars 2008, le Conseil Général du Jura fait un pied-de-nez au jeunisme ambiant. Ici, ce sont les vieux qui ont le pouvoir. On ne dit même plus les « personnes âgées », on assume nos « vieux », nos gérontes comme disaient les Grecs anciens. Il coule dans la rue Rouget-de-Lisle un ruisseau nourri du Saint Graal qui redonne une pêche d’enfer à nos vieux élus. Le Conseil Général n’est pas un nouvel EPHAD, au contraire, il se donne des airs de Sénat un après-midi de surboum…

A la tête de cette maison de vieux qui ne veulent pas vieillir : Jean Raquin, bientôt 75 ans au compteur. Certains ne lui donnaient que quelques mois pour raccrocher les gants en 2008, il est aujourd’hui prêt à remettre le couvert jusqu’en 2014, avec ou sans pilule bleue… Jean Raquin est devenu notre Johnny Hallyday départemental. Il est chaud bouillant pour remonter sur scène et à nouveau casser sa guitare au bout de trois heures de concert !

A côté de lui, André Vauchez serait plutôt un avatar de Léo Ferré. On le sent blanchi comme un cheval fourbu qui se sent tout seul peut-être mais peinard. Délié de toute attache partisane, c’est l’anarchiste du socialisme. Il dit merde au PS et cela lui fait du bien. Dédé la cartouche a troqué son fusil de chasse pour une mitraillette. Il fait ce qu’il veut. Face à un contradicteur, Dédé visse sa casquette sur sa tête et enfourche sa bicyclette. Il est seul mais il a toujours raison.

Son éminence Gérard Bailly est le plus studieux de ces vieux pas sages. Au concert des vieux chanteurs, il me ferait plutôt penser à Guy Béart, le chanteur qui revient tous les quinze ans et qui plait aux rombières de tous les âges. « Mais demain je recommence » nous chante Gégé. N’en déplaise à Gérard Piard et aux autres mauvais coucheurs d’Uxelles ou du canton de Clairvaux, Gérard Bailly a gardé comme une flamme qui éclaire un peu son âme et lui montre que le chemin du Sénat passe par les cantonales… Chacun sa route !

Enfin, ne l’oublions pas, il y a Michel Balland. Ecce homo, celui qui dit non mais qui continue à toucher. Il aurait un côté Gainsbourg, vers la fin. Gainsbarre revient dans le Jura, c’est Ballarre ! L’homme à la tête de chou (rouge) nous chante la Marseillaise en reggae depuis la buvette du CG. S’ils existaient encore, il nous brulerait un billet de 500 francs en pleine séance publique… du moins en rêve-t-il quand il y dort… C’est un poète maudit et donc incompris.

Par pitié, mes chers concitoyens jurassiens, faites en sorte que l’égalité de sièges perdure au-delà de mars 2011 ! Faites que la compagnie « âge tendre et tête de bois » continue sa tournée dans le Jura !

10.04.2010

Au Conseil Général, on se CREPS le chignon !

Pathétique spectacle, une fois de plus, au Conseil général du Jura. Au départ, je ne l'ai pas beaucoup entendu, même à gauche, il y a la légèreté du gouvernement qui décide de se séparer d'un outil formidable créé pour le sport français de haut niveau. Le CREPS, alors contrôlé par le Ministère des sports, comporte, entre autres, une halle de tir à l'arc longue de 70 mètres et un manège d'équitation olympique, inauguré en grande pompe il y a juste trois ans ! Il est évident pour tous ces équipements, qui ont coûté cher aux contribuables, n'étaient destinés en rien aux touristes du lac de Chalain...

Après ce gâchis diligenté par l'Etat, le Conseil Général est devenu une sorte de complice/garant de l'intérêt général. En effet, en ayant participé au financement de ces équipements, l'Etat s'est délesté sur lui de ses responsabilités en faisant une sorte de chantage implicite sur le mode : « Vous n'allez tout de même pas laisser à l'abandon (ou pire au privé !) un tel équipement ! » Bref, faites ce que je dis, pas ce que je fais...

Dans ce bras de fer entre l'Etat et l'intérêt des Jurassiens, il faut noter la totale désinvolture de nos parlementaires, pourtant tous UMP : pas un pour obtenir du gouvernement le retrait de ce gâchis d'Etat ! Pas un pour obtenir des compensations à la hauteur ! Courage fuyons devant la RGPP ! Normal, ils l'ont voté des deux mains... Ou comment sacrifier au court terme financier nos investissements dans l'avenir !

Le Conseil Général aurait donc pu, dans la dignité, gérer ce problème. La solution n'aurait de toute façon pas été idéale mais le mal était fait. C'était sans compter la pusillanimité des uns et des autres :

A droite, un miracle s'est produit, l'alliance objective, pour une fois, du député Sermier qui tient à camoufler les errances de l'Etat UMP qu'il soutient ainsi que son incapacité à peser à Paris, du sénateur Bailly qui veut, comme à son habitude, refiler le bien public à une association tournée vers Rome et du président Raquin qui ne peut imaginer que le CREPS sorte du domaine publique, comme si c'était la huitième merveille du monde...

A gauche, nous avons nos duettistes de l' « opposition constructive », Vauchez et Viverge, qui négligent ce dossier et courent derrière les événements faute d'avoir su anticiper le fond du problème politique et comme de coutume le cancre de la classe, la grande gueule de service qui vocifère et ment pour exister, vous avez reconnu Christophe Perny qui en arrivait à cette proposition ubuesque de vouloir que le Conseil Général votât le rachat de Chalain, qui ne lui appartenait pas, par la régie de Chalain, qui n'en voulait pas ! Comprenne qui pourra ! En prime, il se permet de diffamer le pauvre président Raquin le mettant en accusation de « favoritisme » sans vraiment savoir, le droit ne faisant visiblement pas partie de ses cours de formation de jeune élu, que c'est une incrimination pénale...Médiocrité, quand tu nous tiens.

Fin de partie. Deux éléments me sautent aux yeux : l'incurie d'une droite gouvernementale, soi-disant bonne gestionnaire par nature, qui a lamentablement déserté ses responsabilités sur ce dossier et l'incompétence d'une gauche qui étale sans pudeur sa nullité en public.

12.03.2010

Bernard Roux choisit Dufay

Bernard Roux est une personnalité jurassienne inclassable. Enarque, ancien patron de presse (Télérama, le Courrier Picard), ancien directeur général des services du Conseil général du Jura...il a un CV long comme le bras. Après avoir monté sa propre liste aux dernières élections municipales de Lons-le-Saunier, il est devenu le seul représentant de sa liste à siéger au Conseil municipal. Par ailleurs, il est aussi membre actif du Conseil économique et sociale (CES) de Franche-Comté. C'est à ce titre qu'il a été amené à fréquenter la présidente sortante du Conseil Régional.

Je me plais à l'imaginer dimanche matin, sur le chemin du bureau de vote, réfléchir au bulletin qu'il va mettre dans l'urne :

« Allez, c'est décidé, je vote Marie-Guite ; pas socialiste, Dufay ! D'ailleurs, et je trouve cela plutôt rassurant, elle n'a pas l'air socialiste. Il n'est pas dans son style de parler « capitalisme », « crise mondiale » ou d' « ouvriers » à toutes les phrases. Elle doit être aussi peu marxiste que moi... Et puis elle sait apprécier les patrons car ils sont créateurs de richesses ; par le dialogue, on peut toujours trouver des compromis ou un terrain d'entente pour l'apprentissage et la formation professionnelle qui sont des missions du Conseil Régional. Il est primordial de savoir discuter avec les entrepreneurs et Marie-Guite l'a bien compris. C'est une socialiste moderne !

Culturellement, je suis sûr qu'elle a les goûts de son milieu : elle doit être abonnée depuis trente ans à Télérama et je l'imagine bien regarder en vidéo, entre deux meetings, « Les Herbes folles » d'Alain Resnais. Dans sa politique comme dans ses discours, son côté légèrement paternaliste, un peu dame patronnesse, n'est pas pour me déplaire. En Franche-Comté, on n'aime pas le rouge vif. Proudhon et Considérant n'ont jamais été que des produits d'exportation...

Politiquement, elle est beaucoup plus ouverte que Raymond Forni, qui n'écoutait rien ni personne. Il avait un égo surdimensionné (comme le dit de moi ce fourbe de Pélissard). Je ne pouvais donc pas m'entendre avec lui. Il est parti tête baissée dans le projet du TGV Rhin-Rhône, sans doute victime de la fascination belfortaine et « alsthomienne » pour le TGV... Marie-Guite, elle, saura mettre entre parenthèse ce projet fou pour rallier à elle les Verts ; elle aura besoin d'eux pour battre Joyandet la semaine prochaine. Dans mon blog, je ne sais plus quels termes laudateurs utiliser pour vanter sa politique. Elle a raison de la défendre avec vigueur. Ces socialistes sont vraiment de fameux gestionnaires, presque des visionnaires quand ils écoutent les conseils avisés du CES de Franche-Comté.

J'espère que les gens raisonnables, proches du centre politique, iront dans le même sens que moi... »

27.02.2010

L'effet Perny...

Comme disait mon grand-père, il faut toujours relire ses classiques. Avec près d'un an de recul, mes premières analyses sur ce bloc-note électronique n'ont rien perdu, me semble-t-il, de leur saveur. Je laisse ainsi découvrir aux nouveaux venus les premiers épisodes de notre feuilleton jurassien. Merci de votre fidélité, vous êtes de plus en plus nombreux à me lire ! Et surtout ne craigniez rien, de nouveaux épisodes sont en attente ; je m'accorde une réserve préélectorale bien méritée, à mon âge...


Le nouveau président d'un des deux groupes de gauche au Conseil Général est, à l'image de notre très cher Président Sarkozy, omniprésent médiatiquement, vindicatif avec les adversaires, méprisant avec les opposants à l'intérieur de son camp et toujours très fier de lui. Un petit rappel historique vaut cependant mieux que de nombreux discours sur sa réelle capacité à mobiliser l'électorat sur son nom.

Après avoir enlevé de haute lutte l'investiture du Parti Socialiste lédonien (15 voix sur 23 votants, si c'est pas un triomphe romain ça !), il réalise la plus mauvaise bascule entre le score de Ségolène Royal au second tour des élections présidentielles de 2007 (qui sert de référence) et son propre score au second tour dans le canton de Lons-Sud en 2008. Rappelons que le contexte électoral est radicalement différent et que les élections de 2008 sont en pleine vague anti-Sarkozy.

Force est de constater que l'effet Perny est nul : il n'apporte rien au score de la gauche dans son canton alors qu'un autre candidat de gauche, socialiste comme lui, dans un canton jurassien très proche, comme celui d'Orgelet, augmente le score de la gauche de près de 14 points !

Sans titre.GIF


Nous ne parlerons pas des municipales 2008. Si pourtant un mot, un bon mot. Quelques mois avant le scrutin, le fier-à-bras Perny disait en réunion de section socialiste : « Le score de Colmou en 2001, vous prenez n'importe qui dans les rues de Lons, vous le mettez tête de liste de gauche, il fait un meilleur score ! » Résultats : Colmou 2001 rassemble 38.17%, Perny 2008 seulement 35.38%. Certains diront que la configuration a changé puisqu'il n'y avait que deux listes en 2001 et trois en 2008 mais comme Christophe Perny a répété incessamment pendant la campagne que la troisième liste, celle de Bernard Roux, était une deuxième liste de droite, il nous permettra donc de penser qu'avec lui la gauche est en recul dans la préfecture du Jura. Perny : « n'importe qui » en moins bien finalement...


Première publication le 1er avril 2009

 

29.01.2010

Plus tard, je voudrais être journaliste…

La profession de journaliste est pour moi un puits sans fond d'amusements. Je les adore. Il a fallu que je sois mort pour renaître au milieu d'eux...Je suis au paradis et je réalise ma dernière volonté : commenter l'actualité politique de mon département d'adoption.

Mes confrères scribouillards me comblent particulièrement pendant les précampagnes électorales. Le temps s'arrête, les enquêtes sont mises entre parenthèses, place aux listes. Ah ! L'établissement des listes de candidats pour les élections régionales... Signalons ici les vertus pédagogiques des journalistes : tout le monde peut bien se moquer de ces élections, cela ne les empêchera pas de passer les six mois qui précèdent le scrutin à essayer de trouver avant tout le monde (mais qui cherche vraiment ?) les listes des partis en lice. C'est leur penchant inconscient pour le name-dropping sarkozyen. Quel travail ! Que de forfaits téléphoniques dépassés ! Que de soirées perdues sur de fausses pistes ! Que de raisonnements construits méticuleusement détruits par l'arrivé d'un impétrant négligemment laissé de côté !

Plus il y a de partis, plus on s'amuse car généralement le nombre de chapelles internes est inversement proportionnel à la taille de la formation politique. Certains partis ont d'ailleurs plus de chapelles que d'officiants !

Si encore on nous expliquait qui sont ces candidats une fois les listes dévoilées ? Même pas ! Il semblerait que l'intérêt s'arrête net une fois la liste rendue publique. Je ne connais guère que deux ou trois personnes présentes sur la liste du PS, mais il est à craindre que je ne connaisse pas les autres avant le scrutin ; et je ne parle pas des « petites » listes. Dans le Jura, l'UMP semble avoir mieux que tous les autres compris cet attrait journalistique pour l'établissement des listes de candidats. Du côté d'Alain Joyandet, on prend un plaisir presque vicieux à faire poireauter nos journaleux locaux jusqu'à samedi 30 minuit, date limite de leur dépôt. Aura-t-on un envoyé spécial devant la préfecture samedi soir ? Vous le saurez lundi...ou jeudi.

Pendant ce temps-là, aucun membre de cette noble profession ne prendra le temps d'enquêter sur la présence d'inspecteurs de la Cour des comptes au Conseil Général du Jura en ce moment. Personne ne se demandera si les détournements d'argent public destiné à la formation professionnelle et à l'apprentissage commis au profit de l'UIMM en Ile-de-France sont également avérés en Franche-Comté...

Et on s'étonne que les Français lisent de moins en moins la presse !

23.01.2010

Objectif 2014

Beaucoup y pensent tout bas mais n'en disent mot, comme pour conjurer cette grande essoreuse qui tournera à plein régime lors des premières élections territoriales en 2014. La réforme voulue par notre cher président de la République entrainera en effet une secousse sismique plus terrible qu'à Port-au-Prince pour le microcosme politique. Elle donnera certes naissance à un conseiller territorial qui sera à la fois représentant du département et de la région mais surtout cette « révolution », dont bon nombre de paramètres sont encore flous, a un objectif qui lui est particulièrement limpide : diviser par deux le nombre de conseillers généraux et régionaux.

Rodrigue n'y reconnaitra pas les siens : « Ils partiront six mille ; mais par un prompt écrémage, il ne se verront plus que trois mille en arrivant au port » Dur, dur pour ces élus qui ont parfois dû batailler plus de vingt ans pour obtenir le seul graal qu'ils puissent atteindre : conseiller général de son petit coin de France, un petit seigneur républicain qui ne coûte pas trop cher à Marianne mais qui confère tellement d'honneur...

Remarquons au passage que ce ne sont pas les conseillers généraux qui seront les plus mal lotis. Dans un scrutin qui restera uninominal pour 90% des futurs élus, ce sont eux qui seront les mieux placés car ils auront acquis une notorité enviée par leurs collègues sortants du conseil régional. Une trombine sur une affiche est plus rentable qu'une place, même éligible, sur une liste départementale !

Reste qu'il faudra dans le Jura passer des 34 cantons actuels à 20 « super-cantons ». Après une étude soignée des différentes possibilités de regroupement, je suis en mesure de livrer à votre sagacité la carte ci-dessus :

20 super-cantons.GIF


PS : J'ai joint à cette carte le nombre approximatif d'électeurs pour chaque canton actuel. Il demeure donc des distorsions de population entre nouveaux super-cantons mais il parait difficle de faire mieux sans redécouper les cantons ce qui semble être la volonté du législateur. Je m'en suis tenu aux principes d'équité et de cohérence territoriale mais il est possible que les épigones locaux d'Alain Marleix, dont nous avons déjà parlé, utilisent les ciseaux à des fins plus politiques....

13.01.2010

Vers la chute de la maison Pélissard

Des symboles en disent souvent plus que de longs discours. La fermeture annoncée de FCI est un choc pour la région lédonienne, un des fleurons de son industrie risque de baisser définitivement le rideau. Le petit mois de sursis semble bien court pour trouver un repreneur, convaincre les banques de le soutenir et faire entrer l'Etat dans le capital de l'entreprise. Pourquoi ce qui n'a pas été fait depuis plus d'un an le serait aujourd'hui ? Le maire de Lons, très discret dans cette affaire, dit agir en sous-main ; pourtant son influence politique semble d'émousser : de son incapacité à imposer son épouse sur la liste UMP pour les régionales à la situation du « Grand Lons », tout semble indiquer que l'on se dirige vers la fin de l'ère Pélissard. FCI n'est que le dernier exemple en date du crépuscule du Grand Jacques. Reprenons les pièces du dossier :

Le début de la fin remonte paradoxalement aux dernières élections municipales (et cantonales) de mars 2008. Certes, il est réélu dès le premier tour mais la première erreur est de vouloir absolument accéder au caprice de son épouse. La « Belle Hélène » se fait élire sur le canton de Saint-Julien-sur-Suran qu'elle eut l'occasion de découvrir à l'occasion de la campagne, balayant ainsi le déshonneur d'avoir été écartée par Jean-François Humbert de la liste régionale en 2004. L'épouse Pélissard fait alors une entrée fracassante au Conseil Général. L'année suivante, elle pulvérise la cogestion et, à cette occasion, ne se fait pas que des amis à droite... Deuxième signe politique de faiblesse en 2008, c'est l'élection de Christophe Perny sur le canton de Lons-le-Saunier-Sud contre le fidèle Elvézi. Sérieux revers politique une semaine après le raz-de-marée à la municipale ; pas très logique politiquement à moins que le maire ait préféré conserver son opposant officiel dans le jeu de crainte de le voir partir dans l'Ain. Gauche en laisse, sans liesse à droite...

Depuis, le seul grand projet de la mandature n'avance pas d'un pouce. Jacques traine comme un boulet son idée de « Grand Lons ». Un président de l'Association des Maires de France qui n'arrive pas à convaincre les maires de son secteur de la nécessité de constituer autour de sa ville un bloc de plus de 50 000 habitants, c'est plus qu'un accroc, un désaveu ! Il faut dire que la méthode est pour le moins étrange, elle mêle passage en force couvert par une préfète à sa botte et cajoleries forcées à  des présidents de communautés de communes poussées à se faire hara-kiri... Le « Grand Lons » a franchement l'air mal barré tant le maire de Lons s'y est mal pris et tant il faudrait forcer la géographie pour envisager que de Saint-Amour à la Bresse jurassienne, tout ce petit monde se sente participer du même bassin de vie. A force d'insister, Jacques Pélissard risque même de s'aliéner le soutien des maires du secteur, pourtant décisif, dans le cadre de ces élections sénatoriales de septembre 2011 auxquelles il est prétendant. Sans le soutien massif des maires, c'est son propre parti qui risque de ne pas le suivre dans sa volonté de troquer sa place au Palais Bourbon pour la Palais du Luxembourg !

Dans ces conditions, Monsieur le maire de Lons peut bien faire antichambre prolongée devant le bureau d'Alain Joyandet, sa femme risque d'être un handicap de plus. Quelles peuvent être les contreparties qu'il est prêt à lâcher à M. Joyandet et l'UMP locale pour placer Madame en troisième position de la liste jurassienne des régionales ? Depuis l'épisode Jean Sarkozy, on sait la droite plus que rétive devant tout ce qui ressemble à du népotisme.

La fin de mandat risque donc d'être difficile pour le maire de la ville-préfecture. Sans dauphin naturel, la succession sera donc dans toutes les têtes. La parenthèse ouverte en 1989 semble doucement se refermer et l'on ne voit personne pour écrire un nouveau chapitre, ni à droite, ni à gauche...

02.01.2010

Balland, démission !

Notre beau département a ceci d'attachant qu'il nous offre une palette de caractères politiques aussi différents les uns que les autres. La fin d'année 2009 nous a ainsi révélé un véritable OPNI (Objet Politique Non Identifié) : le conseiller général socialiste d'Orgelet, Michel Balland.

On l'avait quitté à son pupitre de vice-président du Conseil Général tout endormi après la deuxième décision modificatrice en novembre dernier. A l'époque, il avait quasiment un réveil à son oreille pour lui indiquer ses heures de sortie de séance, celles où il était préférable pour son groupe qu'il se trouvât aux toilettes ou à la buvette plutôt qu'à voter en séance. Difficile emploi du temps que de jongler ainsi entre responsabilité élective, sieste réparatrice et cabinet d'aisances...

Il faut expliquer que Michel Balland joue depuis la fin de la « cogestion » au Conseil Général, un rôle d'équilibriste pour lequel, chacun le voit, il n'a pas du tout le profil. Faire croire que l'on est dans l'opposition totale en étant dans l'exécutif du Président Raquin nécessite soit de l'estomac soit de la discrétion. Michel Balland cultivait celle-ci, je doute qu'il ait celui-là...

Or il est sorti du placard. Voter il y a une quinzaine de jours contre le budget présenté par l'exécutif dont il continue de faire partie aurait pu être pour lui l'occasion d'une explication de texte au sommet entre un vice-président de gauche ayant à faire des reproches publics à son président de droite. Une prise de position politique courageuse sur le mode : je vote contre et je vais vous dire pourquoi. Il aurait ainsi pu bredouiller un texte concocté par son chef de groupe qui adore plus que tout la rupture. Que nenni ! Cette envolée lyrique demandait du courage et une phrase de conclusion : « C'est pourquoi, je vote contre et je démissionne de mon poste de vice-président. » Le public n'eut ni l'un ni l'autre mais simplement un vice-président qui vote contre le budget, à la sauvette...

Pour commencer l'année 2010, je lui demande simplement d'avoir un minimum de cohérence politique. Sans doute ne lui a-t-on pas expliqué dans son parti cette règle basique de la vie démocratique : on ne peut s'opposer à son propre travail. Jamais je n'aurais accepté qu'un de mes vice-présidents au Conseil Régional s'opposât au budget. J'attends donc une réaction de Michel Balland...ou plus certainement de Jean Raquin. Comme disait ce cher Jean-Pierre Chevènement : « Un ministre, ça ferme sa gueule, si ça veut l'ouvrir, ça démissionne ! » Eh bien, c'est la même chose pour un vice-président du Conseil Général.